Découvrez le début de PIG.EXE. Cet extrait correspond aux premières pages du roman et vous permet de découvrir son univers, son style et son atmosphère avant de poursuivre la lecture.
Extrait
Sous la faible lumière blafarde de l’unique ampoule qui pendait au plafond, la composition était parfaite. Par-delà le jogging baissé devant lui, les morceaux de bois entassés dans un coin, certains rongés par l’humidité et d’autres hérissés d’échardes, se mêlaient aux bidons cabossés dont le plastique jauni leur donnait une allure d’os. Au pied de cet amas hétéroclite qui évoquait une sculpture païenne moderne, des tessons de verre scintillaient faiblement, accentuant le contraste avec le sol en terre battue encore maculé, par endroits, de trainées sombres à l’origine douteuse.
Tout en avalant goulument le gland que son amant lui offrait, Yann se promit de prendre une photo du lieu avant de rentrer chez lui. Les TN de l’homme, d’un rouge éclatant, saisirent à leur tour son regard et firent naître en lui le désir de les capturer également. Cependant, le photographe amateur fut vite sorti de ses contemplations. Son partenaire, rencontré quinze minutes plus tôt sur un réseau de cul, venait de le saisir par les cheveux et s’était mis à lui pilonner la gueule.
– Allez suce, la pute, ordonna l’inconnu qui s’assura d’enfoncer au maximum son sexe raide dans la bouche offerte.
Sous l’insulte, Yann sentit son propre membre tressaillir. Plus que l’acte en lui-même, ce qui le faisait bander, c’était l’atmosphère générale : les bruits de succions qui venaient rompre le silence monacal du lieu, le décor qui contrastait avec l’ordre de son quotidien, mais par-dessus tout, il aimait les mecs qui crachaient des mots crus, les forts en gueule qui déversaient toutes leurs pulsions à ses oreilles.
Alors, comme pour récompenser le type, il le laissa prendre le contrôle. Et putain, que c’était bon de s’offrir ainsi, malgré les hauts le cœur qu’il tentait de contenir. Très vite, sa bave se mit à couler sur son polo tandis que son nez plongeait dans les poils moites du pubis. Il respira alors à plein poumon, la sueur lui faisant l’effet de poppers. Brusquement, son amant se retira et lui cracha au visage.
– Elle kiffe hein, ma salope ?
– Oui, murmura Yann en reprenant son souffle.
– Putain, tu réponds « ouiBoss », connard, répliqua l’homme en lui assenant une baffe au passage.
Le coup le fit partir sur le côté et il perdit l’équilibre un instant, avant de se rattraper en s’agrippant à la hanche de son compagnon. Le geste brisa cependant sa rêverie. Être frappé, malmené ; l’acte était bandant en théorie. Cependant, son mental analytique reprit très vite le dessus : la virilité exagérée de l’inconnu sonnait soudainement faux à ses oreilles. Et pour quelqu’un qui intériorisait les expériences en les rendant plus cérébrales que viscérales, il n’y avait rien de pire que d’effleurer le mensonge.
La violence du gars contrastait avec les coups d’œil apeurés qu’il lançait continuellement vers la sortie, comme pour s’assurer que personne ne découvrirait ses escapades nocturnes. Cette simple contradiction permit à Yann de dresser un portrait caricatural, mais certainement réaliste de son partenaire de jeu. Il en déduisit rapidement que ce dernier devait se sentir humilié dans son quotidien, peut-être dans un travail harassant ou par une famille qui ne le reconnaissait pas. À ce sentiment inconscient d’être victimisé par la vie devait se greffer une sexualité taboue, cantonnée à l’ombre des lieux anonymes. Ce plan fugace était sa soupape, une manière à lui de se prouver qu’il n’était pas en bas de la meute sociale.
Alors Yann décida d’honorer cette vérité.
– Oui, Boss, répéta-t-il en jetant un regard soumis au mâle qui le toisait. Son attitude était quelque peu artificielle, mais il pouvait compter sur l’excitation de l’homme pour acheter sa prestation.
Sûr de sa supériorité, ce dernier reprit alors son pilonnage de gueule en grognant de plaisir. Mais pour le jouet à ses pieds, l’expérience avait déjà touché à sa fin. Ce dernier se laissa donc faire, sans élan, mais en s’assurant par principe de délivrer une fellation de qualité, jusqu’à obtenir le râle de jouissance qu’il attendait.
– Ouais c’est bon, vas-y bâtard, avale ! ordonna l’homme en se calant au fond de la gorge offerte.
Même s’il n’était plus vraiment dans le plan, Yann ressentit une certaine délectation en sentant le jet épais et chaud éclabousser sa gorge. Il avait toujours aimé avaler le sperme de ses amants. Pour lui, cet acte élémentaire participait à l’évocation d’une sexualité sauvage et dépravée.
Une fois la vague de plaisir passée, l’inconnu remonta son jogging et lui lança :
– J’y vais en premier. T’attends dix minutes avant de me suivre et de te casser, histoire que personne ne te voie. OK ?
– Pas de souci, répondit son partenaire qui s’était déjà relevé et frottait, tant bien que mal, les traces de terre imprimées sur ses genoux.
Sans autre mot, sans échanges ni remerciement, la silhouette disparut rapidement dans l’ombre du couloir et seul le bruit de ses pas marqua son ascension vers la partie habitée de l’immeuble et son quotidien normé.
Enfin seul, Yann se souvint de sa promesse. Il saisit sa banane, en sortit son téléphone portable et se mit à prendre quelques clichés du lieu. Il était déçu de ne pas avoir pu prendre une photo, vue plongeante sur le sol poussiéreux, des fameuses TN grenat. Mais au moins, il pouvait shooter l’amas de débris. Les images collectées, il se dirigea vers la sortie. Comme il le supposait, à une heure du matin, l’escalier qui menait aux parties communes était vide. Ce fut donc sans rencontrer âme qui vive qu’il sortit et prit la direction de chez lui, à dix minutes de là.
Il faisait déjà chaud pour un mois de juin et l’air tiède collait à sa peau. Il se décida donc à flâner dans les rues. Après tout, concepteur-rédacteur publicitaire à son compte, il s’était acheté le luxe de pouvoir gérer son emploi du temps comme il l’entendait. En marchant, il s’amusa à observer les quelques appartements encore allumés et à imaginer les pires choses qui pouvaient s’y dérouler, à l’abri des regards : plans SM extrêmes, partouzes débridées, sessions de fist endiablées, soirées cum & go pour pute à jus gourmande… L’idée de toutes ces pratiques excita plus le jeune homme que le plan qu’il venait de faire. Machinalement, il porta donc la main à son membre bandé qui tendait son jean. Puis, s’arrachant à son vertige, il se dit que se vider là, au milieu de la rue, n’était peut-être pas la chose la plus intelligente à faire. Il s’obligea donc à mettre sa rêverie de côté et hâta le pas jusqu’à pousser la porte de son immeuble.
Son deux-pièces de vingt-neuf mètres carrés était modeste, mais il avait réussi à en faire quelque chose à son image. Dans la pièce principale, au-dessus de son bureau, étaient épinglés au mur des citations d’auteurs ainsi que d’anciens slogans comme le fameux just do it, mélangés pêle-mêle à des projets en cours d’accroches publicitaires pour des clients, ainsi qu’à des images évocatrices de corps virils dénudés au soleil ou de lieux abandonnés. Ce patchwork agissait comme une bibliothèque visuelle de toutes ses inspirations. Le reste du lieu était composé de meubles Ikea fonctionnels, de quelques plantes vertes qui tentaient de s’épanouir et d’affiches choisies avec soin. Sa chambre, qu’il considérait comme son sanctuaire personnel, était plus sombre et organique. Les murs d’un bleu profond étaient remplis d’étagères en bois foncés où se mêlaient des objets tribaux hétéroclites, des récits animistes, des livres d’art sélectionnés avec soin et des photographies quasi pornographiques où le cuir se mêlait au latex. Pour le créatif, s’endormir au milieu de ces totems domestiqués était une tentative, chaque nuit, de connecter à des récits oniriques viscéraux.
Une fois chez lui, Yann fut happé par ses réflexes : poser les clés et la banane sur son meuble à l’entrée, virer ses baskets, enlever ses vêtements et les jeter dans le panier à linge sale puis prendre une douche fraîche, comme pour effacer les derniers restes de sa rencontre. Une fois sorti, il fit une pause devant le miroir de sa salle de bain.
À peine la quarantaine, le corps qui lui était renvoyé trahissait le passage du temps. Les gouttes glissaient encore le long de son torse, suivant les lignes d’une silhouette qu’il entretenait sans jamais avoir réussi à la rendre impeccable. Les épaules tenaient, le torse aussi, mais le ventre, malgré les abdos encore visibles en certaines lumières grâce à la course qu’il pratiquait de manière sporadique, portait la rondeur appuyée d’une vie majoritairement sédentaire. Il admira un instant la fine toison aux teintes chaudes qui recouvrait sa peau. Peut-être un de ses détails physiques auquel il était le plus attaché. Car pour lui, elle était l’écho d’une forme d’animalité. Sa barbe de trois jours laissait entrevoir une moustache plus soutenue, manière pour lui de donner un air à la fois moderne et chaotique à son visage. Ses cheveux châtains ondulés étaient ramenés en arrière d’un geste machinal, révélant aux tempes les premiers signes du temps. Sous la ceinture, ses fesses rebondies et velues faisaient son orgueil. Côté face, son sexe au repos au milieu de poils taillés ras ne lui inspirait ni honte ni fierté. À dire vrai, il le contemplait plutôt comme un objet familier qu’il aimait agiter brièvement pour une rapide satisfaction. Yann avait conscience que toute forme, qu’on le veuille ou non, exprimait un récit. Aussi connaissait-il son potentiel de séduction. Mais son esprit analytique et l’œil qu’il savait poser sur les choses avaient un prix : celui de vivre bien trop souvent à côté de sa propre chair et de ne jamais vraiment habiter ses ressentis.
Sur ces réflexions, il alla s’assoir à son plan de travail, mit ses lunettes et ouvrit l’application Note sur son ordinateur. Il était un homme de routines et depuis plusieurs années, il ne dérogeait jamais au même rituel après un plan. Il créa une nouvelle entrée en date du jour et inscrivit les informations suivantes :
Profil: Mecàtraire19
Lieu : cave d’immeuble rue de Crimée
Impressions : un plan court un peu superficiel. Le mec voulait juste se faire pomper. Rien d’étonnant vu le titre de son profil. Pas plus trash que cela, mais un bon point sur le fait qu’il était bien verbal. Cependant, décevant versus les échanges précédant la rencontre.
Bilan : à ne pas revoir.
Puis il joint à son écrit la capture d’écran du profil ainsi que les photos prises dans la cave. Une, véritablement, captait l’essence sauvage du lieu. Elle lui évoquait tout ce que son plan n’avait pas été, mais qu’il fantasmait secrètement : du sale, du trash, du violent.
Il ouvrit donc Instagram sur son téléphone et se connecta à son deuxième profil : @subjecttofilth. Celui qui n’était pas pour sa famille ou ses amis, mais pour le monde secret des kinksters, de ceux qui aimaient ce que la société avait mis de côté. Sa bio était directe :
- œil trash
- je pratique
- vestiges / traces
- esthétiques du kink
Il publia ensuite la photo avec, simplement en accroche, un BORN TO SERVE suivi de l’émoji composé de trois gouttes bleues. En déroulant son feed, il regarda tous ces souvenirs collectés lors de plans qui, il fallait l’admettre, restaient bien sporadiques : une paire de chaussettes Adidas sales posées négligemment sur des baskets usées, un martinet jeté sur un lit souillé, un gros plan de sa croupe encadrée par un jockstrap rouge, un flacon de poppers ouvert contre un soliflore dont la rose qu’il sublimait était depuis longtemps desséchée… Dans le silence de son appartement, Yann pouvait se l’avouer : son profil exprimait par-dessus tout une version fantasmée de sa vie intime.
Le je pratique qu’il affichait fièrement s’était souvent soldé par des échecs cuisants. Sa publication du soir était la preuve du gouffre qui séparait l’image de la réalité. Un coup d’œil dessus pouvait laisser penser qu’il avait endossé le costume d’un pompeur soumis, à genoux dans la crasse, entouré d’une horde de gicleurs, pour un plan bukkake à faire pâlir d’envie les plus assoiffés de jus. Mais après tout, le créatif le savait : l’imaginaire possédait ce pouvoir d’évocation qui rendait toujours la réalité bien pâle en comparaison. Néanmoins, à part lui, nul ne semblait s’en soucier. L’âge d’or des grandes aventures était révolu, aujourd’hui, seule comptait l’image. Nous étions jusqu’au cou dans l’ère du récit et ça, il savait le maitriser.
Dans la solitude de son appartement, il soupira. Il devenait pesant de ne pas faire de rencontres à la hauteur de ses désirs les plus ardents. En parcourant les notes dans son fichier, il ne pouvait que contempler sa propre responsabilité dans ses échecs et son incapacité manifeste à profiter des expériences que la vie lui offrait. Certes quelques rares plans, souvent marqués par des pratiques BDSM, avaient été particulièrement satisfaisants. Un surtout, cette année, où le martinet avait laissé son empreinte plusieurs jours dans sa chair. Pourtant, une fois la peau guérie, il n’en avait gardé qu’un goût d’inachevé.
Peut-être car chez lui, le fantasme brûlait toujours plus que l’acte. Ou peut-être que tout simplement, ce n’était pas une expérience particulière qu’il recherchait, mais un trait d’union, quelqu’un ou quelque chose capable de bâtir un pont entre son côté analytique et son besoin de ressentir enfin son corps dans toute sa bestialité. Ce dont il était certain, c’est que sa frustration permanente commençait à peser sur sa santé mentale. Sentant que ses ruminations nocturnes l’empêcheraient encore de dormir, Yann se dit qu’il n’avait qu’une solution rapide pour retrouver un semblant d’équilibre.
Il se leva donc, éteignit les lumières de chez lui, alla chercher son slip sale et se rassit devant son ordinateur. Après avoir ouvert un dossier, il passa quelques titres de fichiers piratés en revue avant de double cliquer sur l’un d’entre eux. Aussitôt, un film se lança à l’écran. Son sexe dans sa main droite, l’homme se laissa happer par les pixels.
***
La scène s’ouvrait sur un mur laiteux défraichi, lézardé par endroits, avec des zones entières de peinture écaillée. En dézoomant, la caméra captura le sol en carrelage blanc, sale et fendu ici et là. Des dessertes en acier, remplies d’instruments médicaux laissés à l’abandon, traînaient dans un coin. Le tout était illuminé par des néons qui donnaient à l’endroit une ambiance fantomatique. Un effet de travelling conduisit le spectateur jusqu’à l’acteur principal : un blondinet, dans la vingtaine, allongé nu, le dos plaqué contre une table d’examen médical en métal. Ses bras étaient allongés le long de son corps et ses jambes repliées sur son torse. Plusieurs sangles le maintenaient immobilisé : une passait par-dessus ses biceps et ses pectoraux, une autre l’encerclait au niveau de la taille et, enfin, une dernière l’entravait en passant derrière ses genoux offrant ainsi un anus déjà boursouflé aux yeux des voyeurs.
Soudain, un homme au physique de lutteur, en bottes de caoutchouc et tablier de boucher en latex transparent, entra dans la pièce. Son anonymat était assuré par une cagoule, ce qui renforçait l’atmosphère dérangeante de la scène. Sans un mot, il s’approcha de sa proie, un masque à gaz russe à la main. Il le mit sur le visage angélique, puis le caméraman zooma sur une bouteille de poppers qui trainait un peu plus loin, ne laissant aucun doute sur le contenu de la cartouche filtrante.
L’homme plongea une large main calleuse dans un seau de graisse alimentaire qui traînait sur le sol ébréché avant de s’en enduire méticuleusement les mains et les avant-bras. Sous la lumière clinique, la lenteur du geste avait un côté presque hypnotique. En plan fixe, la caméra n’offrait aucune échappatoire à l’œil du public. Quiconque regardait la vidéo ne pouvait qu’être subjugué par l’effet luisant du lubrifiant de fortune qui faisait ressortir chaque veine de l’énorme avant-bras et semblait accentuer la rugosité des phalanges du titan.
Dans la foulée, et sans considération pour le garçon offert, il planta deux doigts d’un geste sec dans le rectum qu’on lui présentait, gavant la cavité de matière grasse autant que possible. L’anus, déjà rompu à ce genre de pratique, s’ouvrit sans difficulté. En gros plan, il aspirait les doigts avec une avidité obscène. Dans le silence de la pièce, le bruit de succion résonnait de plus en plus fort et annonçait la violence de l’acte à venir.
Satisfait, le fisteur inséra bestialement un troisième doigt, puis un quatrième, sans laisser le temps à son soumis de s’habituer. Ce dernier commençait à gigoter sur la table tel un ver, mais les lanières de cuir le clouaient à la surface froide. Le film montrait tantôt le corps pris de soubresauts, tantôt l’anus qui perdait la bataille. Le masque en caoutchouc toujours en place, le spectateur ne pouvait qu’imaginer le visage déformé par le plaisir, ou crispé de douleur selon ses propres fantasmes, du garçon.
Puis vint le moment tant attendu : le dominateur enfonça ses cinq doigts férocement dans l’orifice, sans s’arrêter, jusqu’aux phalanges. Il resta là, dilatant déjà le sphincter dans des proportions gigantesques. Un tour vers la droite, un tour vers la gauche… Il se mit à accroître la pression, tout en maintenant ce mouvement qui lui faisait gagner du terrain, millimètre par millimètre. Soudain, sous l’œil de l’objectif, l’anus s’ouvrit et l’énorme main se planta dans le cul jusqu’au poignet. La violence de l’assaut fut telle que la croupe se souleva sous le choc et qu’un cri, à peine perceptible, pouvait être entendu si l’on prêtait l’oreille.
Satisfaite, la montagne de muscles offrit du répit à son partenaire en ne bougeant pas pendant quelques instants. Puis il commença à jouer avec sa main dans le trou, la ressortant légèrement avant de la renfoncer un peu plus profondément. Sans aucun avertissement, il se retira assez rapidement avant de jeter brutalement un morceau de graisse sur l’orifice et de replonger violemment dans le rectum. Il continua ainsi à fister sans ménagement le blondinet dont le corps se contorsionnait pendant plusieurs minutes, jusqu’à ce que ce dernier perde la bataille qui se jouait.
Alors, l’homme forma un poing serré avant de ressortir d’un coup sa main. Il la graissa de nouveau puis, avec une violence évidente, se mit à boxer le cul à sa disposition. Ce n’était plus du sexe, mais une séance de démolition qui continua pendant de longues minutes jusqu’à sa victoire totale.
Pris par les vagues de sensations qui l’assaillaient et ne pouvant plus contrôler ses fonctions les plus basiques, le trou expulsa la main étrangère tandis que le sexe recroquevillé du passif se mit à pisser sans retenue sous la lumière clignotante des néons fatigués. À l’écran, on pouvait voir l’anus s’ouvrir telle une rose et la main être projetée hors de la cavité béante. Le contraste entre le rouge profond des entrailles et la graisse blanche qui luisait sous l’éclairage cru resta alors suspendu à l’écran.
***
Ce fut sur cette image, et dans un râle bestial, que Yann jouit. Après avoir repris son souffle, il s’essuya avec son slip, éteignit son ordinateur et prit la direction de sa chambre. Une fois au lit, seul dans le noir, il fut déçu de voir que l’orgasme n’avait pas totalement balayé ses ruminations mentales. Cependant, au bout d’une dizaine de minutes, il réussit enfin à trouver le sommeil.
Dans ses rêves, dont il ne garderait qu’une légère impression à son réveil, il hallucina des lieux abandonnés où, dissocié de son corps, il se vit attaché nu et offert à des hommes portant des masques d’animaux. Lui aussi était fisté sans ménagement. Déchiré, frappé, il se voyait s’abîmer dans le sol boueux comme si la terre, mue par une sombre conscience, le digérait.
Poursuivre la lecture
Vous venez de lire les premières pages de PIG.EXE. Pour découvrir la suite de cette histoire, poursuivez votre lecture avec l’édition complète.
Découvrir d’autres oeuvres
Explorez les autres romans, nouvelles et essais de Xavier Bayuk.